Marcelle Auclair
 

Marcelle Auclair est née à Montluçon, en France, en novembre 1899. Elle était la fille de l’architecte Victor Auclair. Elle passa une partie de son enfance et de sa jeunesse au Chili, où son père s’était installé en 1906 pour participer à la reconstruction du pays, après le tremblement de terre qui l’avait sévèrement touché. Grandement encouragé par ses parents dans toutes ses expériences artistiques et culturelles pendant son adolescence, elle eu l’occasion très tôt de faire son entrée dans la Sociedad francophile française. Dès l’âge de 14 ans, elle fait ses premiers pas de conférencière à la Biblioteca Nacional, puis à 18 ans à peine, elle a fondé le Salon des Annales à Santiago, où Chiliens et Français se réunissaient chaque mois pour débattre autour de thèmes historiques et littéraires. De retour en France en 1923, la voici lancée dans une carrière journalistique. Le 28 avril 1926, elle épouse l’écrivain Jean Prévost, avec lequel elle a trois enfants (Michel, Françoise, et Alain). Très induite dans le milieu littéraire parisien, elle écrit des ouvrages sur l’amour et le bonheur. En 1937, elle fonde le premier magazine moderne féminin : Marie-Claire. Elle est l’auteure d’un ouvrage qui connut un grand succès : « Le livre du bonheur », duquel sont tirés les textes suivants.

 

Vous pouvez être heureux
 

   La joie, l'amour, la santé, l'abondance, la concorde, la paix, le bonheur, sont de ce monde. Vous qui souffrez, vous qui vous débattez dans les difficultés quotidiennes et qui vivez dans la terreur de l'avenir, ne voyez pas dans cette affirmation une insulte à vos malheurs : mon but est de vous aider à découvrir en vous-même la source de tous les biens.

   Vous croyez, n'est-ce pas, en l'existence de l'électricité ? Vous y croyez parce que des savants l'ont révélée, parce que des ingénieurs ont aménagé des centrales et que des électriciens ont posé des fils, des commutateurs, des prises : vous n'avez qu'à appuyer sur un bouton pour que la lumière soit. Mais supposez un enfant qui s'amuserait à vouloir faire lui-même une installation électrique : il n'obtiendrait que de fortes décharges dans ses mains, à moins qu'il ne mette le feu à la maison ; il risquerait même de s'électrocuter. De lumière, point. En conclurait-on que l'électricité n'existe pas ?

   Il en est de même du bonheur. Comme tout au monde, comme la force électrique, comme la pesanteur, comme le son, le bonheur est, et il a ses lois. Ces lois, nous passons notre vie à les enfreindre et nous nions le bonheur avec une apparence de raison puisque dans ces conditions il nous est effectivement impossible d'être heureux. Voici la loi essentielle : la pensée crée — la parole crée.

   La pensée, la parole, la lumière, de même que le son, forment des vibrations toutes puissantes. Pensez joie, amour, santé, abondance, paix, et non seulement il émanera de vous des ondes bienfaisantes, mais vous vous attirerez tout ce qui est conforme à ce radieux programme. Par contre, entretenez des idées de maladie, de découragement, répétez plusieurs fois par jour : « Je n'ai pas de chance... Personne ne m'aime... Je ne sortirai jamais de mes difficultés... » et non seulement vous construirez une muraille entre le bonheur, la réussite, et vous, mais vous attirerez les calamités comme le paratonnerre attire la foudre.


Application.   Comme application ce sera un simple contrôle : remarquez combien de fois dans la journée vous niez en pensée et en paroles ce que pourtant vous désirez le plus au monde ; vous aurez la surprise de constater que vous assenez, parfois plusieurs fois par minute, le coup de massue de la négation à votre espoir.
 

  
Bannir la peur

 

   La pensée crée. Nous attirons l'objet de nos pensées. Donc, nous créons et attirons ce que nous désirons, mais aussi ce que nous redoutons. Peut-être même attirons-nous ce que nous redoutons plus efficacement que ce que nous désirons, car le doute se mêle presque toujours à notre espoir, tandis que l'espoir ne luit que trop faiblement au milieu de nos craintes.

   Il faut bannir la peur à tout prix. Récemment encore un médecin à qui je demandais si je pouvais aller voir une amie qui avait la scarlatine me répondit : « Allez-y, si vous n'avez pas peur... ». La peur crée en nous une débandade physique et morale qui nous met à la merci de toutes les calamités.

   Vos ennuis, vos échecs, vos maladies sont nés de la peur. Nos plus graves tourments en découlent aussi. Qu'est-ce que la jalousie, sinon la peur de perdre l'être aimé, l'agressivité, sinon la peur d'être attaqué ? Nous vivons, sans y prendre garde, dans la crainte, nous nous entourons d'ondes négatives en prononçant cent fois par jour le mot « peur » : « J'ai peur d'être en retard... », « j'ai peur de déplaire... », « j'ai peur de rater ceci, de manquer cela... » Chacune de ces locutions familières apporte sa petite pierre au mur de plus en plus haut et de plus en plus épais qui nous enferme dans la médiocrité et le chagrin. 

   Luttez contre la crainte, non seulement pour vous-même, mais pour votre entourage et le monde tout entier. Imaginez ce que serait la terre si soudain chacun de ses habitants, du menu peuple aux dirigeants, cessait d'obéir à la peur ! Du même coup, la haine disparaîtrait, les conversations entre puissances, les accords, les échanges fructueux, deviendraient possibles, et la paix régnerait, escortée par l'abondance et le bonheur. Chassez la peur, remplacez-la par la foi tenace en la puissance de l'esprit créateur de tout bien : Il n'est que de le laisser agir. Ce sont nos inquiétudes qui lui font obstacle.

   Dans les grandes choses comme dans les petites, ne négligeons pas les menus circonstances, qui sont les plus fréquentes. Telle la jeune femme qui apprit pendant ses vacances qu'elle ne retrouverait pas sa situation en rentrant. Je lui téléphonai : « Qu'allez-vous faire ? « Elle me répondit en riant : « Rien pour l'instant. J'ai besoin de passer des vacances reposantes. Je maintiens mon moral au beau fixe, c'est l'essentiel. Je me mettrai, dès la rentrée, à chercher un emploi dont j'affirme d'avance qu'il sera excellent. » Cela se passa, en effet, selon ce que sa parole et sa pensée l'avaient crée : elle n'avait pas détruit ses possibilités par l'inquiétude et la peur.


Application.   Chaque fois que vous serez sur le point de dire machinalement : « J'ai peur de ceci... J'ai peur de cela... », mordez-vous la langue, et hâtez-vous d'affirmer de tout votre cœur, de toute votre âme, de tout votre esprit : « Je n'ai rien à craindre, L'Esprit en moi veille, j'ai tout à espérer ».

   

Un poisson rouge tournait en rond
 

   Une jeune femme, partant en vacance, voulut nettoyer l'aquarium dans lequel un poisson rouge tournait en rond. Elle le mit dans la baignoire, et constata avec étonnement que dans sa vaste demeure nouvelle le poisson rouge continuait à tourner en rond...

   C'est ainsi que j'ai compris, me dit-elle, que nous nous enfermons dans des limitations que nous créons nous-mêmes. J'ai passé alors mon existence en revue et reconnu que, par crainte, par timidité, par manque d'élan et de générosité, par croyance en des obstacles que je fabriquais de toutes pièces, je tournais dans la vie comme mon poisson dans la baignoire, bien que je sois plongée comme lui dans un vaste univers où je suis décidée à évoluer à l'aise, maintenant que je suis libre. Libre en esprit, donc en vérité.

   L'exemple est excellent : vous en comprendrez la portée. Étant donné qu'il est beaucoup plus aisé de voir une paille dans l'oeil de notre voisin qu'une poutre dans le nôtre, faites un tour d'horizon et voyez combien de gens, parmi ceux que vous connaissez, semblent s'être volontairement limités, rétrécis et condamnés à l'échec. Combien n'ont pas utilisé leurs dons ! Combien se contentent, en tout, de la médiocrité, alors qu'il leur suffirait d'un effort, d'une vision plus large et plus exigeante de la vie, en même temps que le souci de la perfection dans la plus humble des tâches quotidiennes, pour s'épanouir magnifiquement ! Cela demande, évidemment, un peu plus d'initiative que n'en possède un poisson rouge, ou un être humain ligoté par la peur, encroûté dans sa routine.

    La vie est généreuse. Mais pour un cadeau, il faut être deux : celui qui donne et celui qui reçoit. Or, nous gâchons presque toujours ce que la vie met à notre portée, ou nous refusons ses dons. Apprenez à accepter ce que vous offre l'existence. Il ne s'agit pas là d'arrivisme, mais d'épanouissement de l'être et de ses facultés. Osez sortir du cercle que forment autour de vous vos égoïsmes, vos peurs, vos idées fausses sur vous-même et sur les autres, supprimez toute pensée de limitation — vous espérez être « convenablement » payé pour tel travail, mais pourquoi ne dites-vous pas « largement » payé, puisque vous avez largement donné votre temps et votre savoir ? — et vous connaîtrez l'admirable liberté de ceux qui vivent en accord avec leur Moi réel invisible et parfait.


Application.   Observez-vous dans le courant de la journée ; il y a bien des chances pour que vous ayez la surprise de toucher du doigt bien plus de limitations créées par vous-même que vous ne le soupçonniez... Affirmez alors : « Je suis libre, rien ne m'effraie, rien ne me limite. Le royaume de l'esprit est sans bornes ».


Marcelle Auclair


 
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Le pouvoir de la pensée   7 différents auteurs

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Marcelle Auclair   Marcelle Auclair

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Confusius   Confusius

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Tu sépareras le subtil de l'épais   Omraam Mikhaël Aïvanhov

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La sagesse consiste à éviter toute pensée affaiblissante   Dr Wayne W. Dyer
 
 
 
 

 
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