Message de Rudolf Steiner



   Les fondateurs des grands systèmes se révèlent être de grands initiés. Ce qui vient d'eux se répand dans les âmes humaines, et c'est le monde entier qui progresse. Les initiés ont travaillé en pleine conscience à cette marche de l'humanité. On ne comprend leurs enseignements que si l'on sait voir qu'ils les ont puisés dans une connaissance des régions les plus profondes de la nature humaine. Les initiés étaient de grands savants, et ils ont tiré de leurs connaissances l'idéal proposé à l'humanité. L'homme se rapproche de ces grands maîtres lorsque, travaillant sur lui-même, il s'élève progressivement à leur hauteur.

   Chez un être humain qui a entrepris de donner à son corps éthérique la formation nécessaire, une vie toute nouvelle commence. Il doit recevoir de l'enseignement occulte, au moment voulu, les explications qui vont lui permettre de s'adapter à cette nouvelle existence. Par exemple, lorsqu'il perçoit, au moyen de la «
 fleur de lotus à seize pétales », des formes qui proviennent d'un monde suprasensible, il doit se rendre compte que ces formes diffèrent les unes des autres suivant les choses ou les êtres qui les ont engendrées. La première chose qu'il observe, c'est que certaines de ces formes sont influencées par ses propres pensées et sentiments, tandis que d'autres ne le sont pas, ou presque pas. Certaines sortes de figures se transforment si l'observateur pense en les apercevant : « C'est beau », puis en poursuivant son observation : « C'est utile. » Les formes qui émanent de minéraux ou d'objets fabriqués ont notamment la particularité de se transformer avec chaque pensée, chaque sentiment qui traverse l'âme de celui qui les regarde. C'est déjà moins le cas chez les formes qui viennent des plantes et encore moins chez celles qui correspondent aux animaux. Elles aussi sont mobiles et pleine de vie. Mais cette mobilité provient en partie seulement de l'influence exercée par les pensées et les impressions de l'observateur ; elle a encore d'autres causes sur lesquelles l'homme est sans action.

   Au sein de ce monde des formes se trouve une espèce particulière qui est d'abord presque entièrement soustraite à l'influence de l'homme. L'occultiste peut se convaincre que ces formes n'émanent ni de minéraux, ni d'objets fabriqués, ni de plantes, ni d'animaux. Pour s'en rendre compte, il n'a qu'à considérer les formes dont il est sûr qu'elles sont nées de sentiments, d'instincts et de passions venant d'hommes autres que lui. Ses propres pensées et sentiments n'exercent plus sur celles-ci qu'une action minime, bien qu'encore appréciable. En fin de compte, il rencontre toujours, dans le monde des formes, un «
 reste » sur lequel son influence n'a pas de prise. Ce « reste » constitue même, dans les débuts, une très grande partie de ce qu'il perçoit. Il ne peut arriver à s'expliquer ce genre de perceptions que lorsqu'il s'examine lui-même. Il découvre alors quelles sont les formes qui sont engendrées par lui, car ce sont ses actes, ses volontés, ses désirs à lui qui se manifestent pas ces formes. Un instinct qui réside en lui, un désir qu'il ressent, un projet qu'il nourrit, tout se fait jour sous cette apparence. Bien plus, son caractère même s'imprime dans ce monde des formes. Ainsi, par sa pensée et ses sentiments conscients, l'homme peut exercer une influence sur toutes les formes qu'il n'a pas personnellement crées. Quant à celles que lui-même engendre dans le monde suprasensible, il n'a plus d'action sur elles dès l'instant qu'elles sont sorties de lui.


Rudolf Steiner


 

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